Mis sous le feu des projecteurs grâce à ses performances de haut rang durant le mois de janvier, Stéphane Ruffier se sent bien dans les cages de l'AS
Monaco. Le gardien de but asémiste semble avoir passé un cap depuis le début de saison. Dans une interview qu'il a accordé au site officiel, le
natif de Bayonne a répondu aux questions des internautes. Extraits.
Stéphane, comment as-tu vécu le déferlement médiatique qui a suivi ta performance au Parc des Princes le 20 janvier dernier (1-0, J20) ?
Je suis forcément satisfait car on a parlé de moi en bien, mais je sais aussi qu’il faut prendre beaucoup de recul par rapport à tout ce qui est dit
et écrit. Pour le moment, on me met tout en haut grâce à ce match à Paris, mais je sais qu’à la moindre erreur, on peut très vite te redescendre. Je
ne vais pas empêcher les journalistes de faire leur travail car c’est normal, mais il faut être conscient que tout peut aller très vite dans les deux
sens.
Avec quelques semaines de recul, comment expliques-tu cette prestation incroyable face à des attaquants parisiens devenus au fil du match
impuissants et presque craintifs face à toi ?
Je pense que des matches comme celui-là, tu en fais trois ou quatre dans une carrière. Peut-être même que ce sera mon unique ! C’est vrai que j’ai eu
beaucoup d’arrêts à faire, certains ballons paraissaient impossibles mais c’est passé… C’est clairement un match référence pour moi. Ca me met presque
une petite pression, car tout ce que j’ai fait sur ce match, je dois maintenant être capable de le refaire.
Comment vis-tu le duel avec les attaquants ? Analyses-tu par exemple les habitudes offensives des adversaires que tu vas rencontrer ?
Comme je le disais précédemment, un gardien doit aussi jouer avec l’attaquant, dans le sens où il faut parfois être malin pour l’influencer. Ne pas te
coucher trop tôt, l’emmener là où tu le souhaites, l’inciter à tirer ici ou là. Parfois, c’est l’inverse, c’est l’attaquant qui joue avec toi, qui te
met par terre grâce à des feintes. C’est effectivement un vrai duel, tu es parfois vainqueur, parfois perdant. Concernant la préparation, rien de
spécifique mais dès que je regarde un match de Ligue 1, je regarde, j’analyse et je prends des repères sur les attaquants qui seront pour la plupart
mes futurs adversaires.
Quel est le type d’arrêt que tu apprécies le plus ?
Les sorties aériennes, car ce sont des interventions qui soulagent l’équipe. Ca n’est pas forcément spectaculaire mais c’est efficace et utile pour
tout le monde. Pareil pour les ballons en profondeur qu’il faut aller chercher. Ca ne parait pas non plus spectaculaire mais si tu restes spectateur,
collé dans ta cage, ça peut amener un but. Ca demande un sens de l’anticipation et une bonne vision du jeu, ça n’est jamais simple.
André Amitrano a pris en charge cette saison l’entraînement des gardiens. Que t’ont apporté ses méthodes de travail ?
Des deux côtés, il a fallu s’adapter, apprendre à se connaître. Ca se passe très bien, au niveau professionnel comme au niveau humain. Concernant les
exercices, c’est très différent de ce que j’ai pu connaître précédemment avec André Biancarelli. Il n’y a pas de mieux ou de moins bien, c’est
toujours positif de découvrir de nouvelles méthodes et de les utiliser pour progresser.
Retour près de quatre ans en arrière, à ton retour de prêt de Bayonne. Depuis cette période, dans quel(s) domaine(s) tu as principalement progressé
?
J’avais un énorme défaut à l’époque, que me reprochait souvent Jean-Luc Ettori : j’avais « trop de jambes », comme il disait. C'est-à-dire que je
sortais trop. Je pense que j’arrive à être moins fougueux, plus réfléchi aujourd’hui. Mon jeu au pied aussi, il était catastrophique il y a trois ans…
Je dois encore travailler mais il y a quand même du mieux.
Pourquoi avoir choisi un maillot rose cette saison ?
D’abord, ce sont les intendants du club qui m’ont dit qu’avec cette couleur, j’aurais toutes les chances de pouvoir porter le même maillot à chaque
match, à domicile comme à l’extérieur, sans être obligé de tenir compte des couleurs des adversaires. Ce côté pratique m’intéressait. C’est vrai que
le rose n’est pas trop ma couleur à la base mais dès que je l’ai enfilé, ça m’a plu et je l’ai adopté. Dans un deuxième temps, j’ai bien aimé le fait
que cette couleur ressorte bien, ça peut attirer l’œil de l’attaquant et le perturber.
Tu as déclaré avoir été inspiré par Fabien Barthez. En quoi est-il devenu pour toi un modèle ?
Ce n’est pas un modèle, car nous sommes différents, mais Barthez, c’était tout simplement la perfection à l’époque ! C’était le gardien référence, il
était le meilleur de très loin devant les autres. Il est clair pour moi qu’il a fait évoluer le poste de gardien de but mais aussi la vision qu’on en
a aujourd’hui. Petit, quand je regardais un match, on ne parlait quasiment jamais du gardien ! Aujourd’hui, on essaye plus de comprendre la
spécificité du poste, on analyse plus le côté technique de la performance, en positif comme en négatif. Fabien Barthez a été l’un des gardiens les
plus complets, il était bon partout, sur sa ligne, dans les airs, des deux pieds. Il a mis une référence haute à ce poste et après lui, on a peut-être
demandé aux gardiens de savoir tout bien faire, comme lui.
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