A la veille du derby de la Méditerranée entre l'AS Monaco et l'OGC Nice, l'entraîneur asémiste, Guy Lacombe, a confié ses sentiments sur la rencontre
ainsi que sur la situation de l'équipe en cette fin de mois de janvier. Le coach aveyronnais assistera pour la première fois de sa carrière au match
entre les deux voisins azuréens, au Stade Louis-II.
Est-ce qu’après la déroute contre Lille (0-4, le 13 décembre), vous auriez pu imaginer que l’équipe réponde de cette façon ?
« C’est vrai, c’était un peu chaud à ce moment-là. On a rebondi mais on aurait pu déraper. Je me souviens contre Bordeaux, déjà (défaite 1-0), je n’ai
pas senti cette rage qu’on a eue dimanche contre Lyon. A Auxerre (défaite 2-0), manifestement, tout le monde n’a pas donné le maximum de ce qui était
prévu. Pareil à Valenciennes (défaite 3-1). On était sur une pente douce. Du coup, le résultat contre Lille ne m’a pas tant surpris. Sauf que là, le
message que j’avais décrit pendant la dégringolade a sauté aux yeux des joueurs. Aller trop haut d’un coup, c’est aussi souvent se perdre. Mais le
faire progressivement, comme en ce moment, peut nous amener à quelque chose de plus intéressant. »
Paradoxalement, cette bonne série coincide avec de nombreuses absences (blessures ou CAN)...
« Quand le groupe fonctionne bien, chaque individualité se sent concernée et donne ce qu’elle a à donner. Actuellement, le groupe donne un maximum de
son potentiel. Il y a des joueurs décisifs, on ne peut pas le nier. Mais tout le monde se met au diapason. On le sent bien avec certains joueurs qu’on
n’avait pas vus comme ça depuis longtemps. A priori, les joueurs qui viennent à Monaco sont de bons joueurs. Seulement, ce n’est pas toujours évident
de les mettre dans les bonnes conditions. »
Contrairement à l’année précédente, Monaco est dans une position de force à l’heure d’accueillir le Gym...
« Monaco est monté un peu plus tandis que Nice a subi les changements de présidence, de coach etc... Mais c’est un club qui a eu des résultats. Quand
on atomise Lyon 4-1, comme ça, c’est qu’il y a de la qualité. Après, le calendrier joue aussi. A Monaco, on est tombé à un moment sur des équipes en
pleine réussite : le Valenciennes-Barça du début de l’hiver, Auxerre qui était en pleine forme et Lille qui marchait sur l’eau. Pour en revenir à
Nice, le potentiel est là et peut-être que les Niçois feront une deuxième partie de saison remarquable. »
C’est la première fois que vous allez vivre le derby à Monaco. Le premier au Ray ne vous avait pas mal réussi...
« Au Ray, on avait utilisé le stress de Nice. ça ne va pas être la même chose. Cela pourrait être un match piège par rapport au classement. Mais dans
un derby, ça ne compte pas, c’est comme un match de Coupe. Il n’y a pas de petit, pas de grand. C’est un match de foot ou le spectateur est très
sensible à la performance du joueur et du groupe. Ce jour-là, il faut répondre présent. »
Lorsqu’on jette un œil aux joueurs qui ont le plus de temps de jeu cette saison, viennent dans l’ordre Ruffier, Puygregnier, Mongongu, Nenê puis
Park. Cela renvoie l’image d’une équipe réaliste avec une grosse défense, non ?
« Il faut toujours des joueurs de base. Maintenant, une grosse défense, non ! On a pris deux fois quatre buts et une fois trois buts, ce qui plombe un
peu nos stats en défense. Puis, je dirai que ce n’est pas une défense mais une équipe dans son ensemble, qui travaille bien à la récupération. C’est
notre point fort pour bien attaquer. Aujourd’hui, je leur demande un plus dans la construction. On doit améliorer des possibilités de jeu, notamment
pour contourner l’adversaire. Ca se fait petit à petit. »
Votre coaching a-t-il évolué à Monaco ?
« Sûrement, mais je le fais en fonction des circonstances. Je suis passé par six clubs avant l’ASM. Cette fois, je me suis adapté, c’est clair. Ici,
c’est différent : le club, l’histoire, très importante, mais aussi le groupe, la philosophie de jeu. Le jeu qu’on développe en ce moment n’y
correspond pas, mais je veux y arriver petit à petit. Il faut partir par les bases. »
Vous avez donc un projet, une ligne directrice à moyen terme.
« Si le temps me le permet ! Il faut avoir des résultats à court terme pour revenir à des notions de jeu plus fines. Ce ne sera pas à la « Monégasque
», c’est terminé, comme le jeu à la Nantaise, d’ailleurs. Il faut arrêter de rêver ! Il faut jouer comme on peut. A Sochaux, le jeu était agréable et
séduisant, parce qu’il y avait les joueurs pour. Ici, on utilise plus la malice, parce que les joueurs sont comme ça. On n’est pas à Barcelone, on ne
va pas choisir le joueur en fonction du jeu barcelonais. On n’a pas les moyens. Il faut arrêter les gens qui disent... (il s’arrête) Si, il y en a un
qui peut se le permettre, c’est Christian Gourcuff. Parce que ça fait longtemps qu’il est là et qu’il a pu mettre les choses en place. Il ne procède
plus qu’à quelques ajustements. C’est un peu ce que je pouvais faire à Cannes. »
N’est-ce pas frustrant de n’influer que sur le court terme la plupart du temps ?
« Ce serait agréable, c’est vrai. Mais il faut pas croire... Je pense que l’adaptabilité, c’est la principale qualité que doit avoir un entraîneur. Il
y a mille façons de jouer au football, mais il n’y en a qu’une par équipe. Si demain, je fais jouer le Barça comme le Wimbledon des années 90, ça ne
va pas bien marcher ! »
Source : Nice-Matin
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