Dans son livre « A fleur de peau » qui doit paraître la semaine prochaine, l'ancien monégasque Emmanuel Petit dénonce les magouilles du football sous
l'ère marseillaise de Tapie.
Dans un extrait publié par le journal Le Parisien, Petit témoigne : « Au printemps 1992 (…) Arsène Wenger me convoque dans son bureau. Il ferme
la porte, me demande de m'installer et commence à me montrer les buts marseillais à la vidéo. (…) Il me passe les buts au ralenti et finit par me
demander : A quoi penses-tu lorsque tu vois ces buts ? (…) Je finis par lui dire que nous avons commis des erreurs de débutants, ce qui n'est pas dans
nos habitudes. (…) Sa réponse me cloue sur place : C'est bon, tu peux t'en aller. C'est la confirmation de ce que je pense également. Nous sommes
plusieurs à supposer que certains de nos joueurs ont été achetés par Marseille. »
Dans l'interview accordé au journal, il enfonce le clou : « Si je dérange, je m'en fiche. Je n'ai pas voulu de censure. Si on veut me faire un procès,
qu'ils y aillent, je ne traîne aucune casserole. Je n'ai peur de personne. Je pense que Monaco et le PSG ont été privés de deux ou trois titres de
champion à une époque où un club dominait les autres en appliquant des méthodes un peu troubles. »
Voici deux autres extraits du livre : « C'est surtout dans ma vie privée que je ne me reconnais plus durant cette fin d'année 1998. (…) Je découvre le
monde parallèle des nuits parisiennes, des soirées privées, des clubs échangistes. (…) Aujourd'hui, je ne vois plus aucune des personnes rencontrées
durant cette période (…) Ils amènent des p… aux joueurs ou les branchent sur des investissements foireux. (…) Un soir, je suis invité à une soirée sur
un yacht. (…) Il n'y a que des top-modèles et de la cocaïne en vrac. Je n'en prends pas. Dans leur délire, les richissimes propriétaires des lieux
s'éclatent en humiliant les filles présentes de la pire des façons. »
« De retour à l'hôtel (NDLR : après la finale de l'Euro 2000), la fête est très conviviale. (…) Linda Evangelista, qui est à cette époque la compagne
de Barthez, est venue avec ses deux frères. Avec Fabien, nous décidons de faire le match à l'alcool contre ces deux gaillards canadiens. Erreur fatale
! (…) Fabien fait un coma éthylique dans les toilettes de l'hôtel. On appelle le docteur Ferret qui lui fait une piqure de sels minéraux. »
Sur Zidane et France 98 : « Nous avons remporté une Coupe du monde. C'était il y a dix ans. Et alors ? J'ai divorcé deux fois. Je ne fête pas pour
autant mon anniversaire avec mes ex-femmes. »
« Il (NDLR : Zidane) bénéficie d'une telle aura médiatique qu'il est devenu intouchable. (…) Son expulsion en finale de la Coupe du monde 2006 en est
le plus bel exemple. Pour moi, les deux sont coupables. Le provocateur (NDLR : Materazzi) comme celui qui répond. (…) Quand j'entends ensuite le
président de la République déclarer : La France ous pardonne, je ne sais plus quoi penser. (…) Le geste de Zidane n'a aucune légitimité. Il est
irresponsable. (…) Lorsqu'on possède une dimension comme la sienne qui dépasse l'entendement, c'est bien aussi d'affirmer de temps en temps ses
convictions. »
Saluons le courage et le franc-parler d'Emmanuel Petit, toujours fidèle à lui-même et à ses convictions. Lui n'a pas peur de dire tout haut ce que
tout le monde semble vouloir occulter, le monde du football est un milieu gangréné par l'argent et qui a perdu ses valeurs morales. Dommage toutefois
qu'il s'exprime si tardivement...