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Les Rouge et Blancs affrontent ce dimanche les Verts, dans un Chaudron un peu noirci. En effet, il n'a que peu l'occasion de se réchauffer dans le
Forez, les Stéphanois n'ayant vu que cinq buts des leurs depuis le début de la saison. Seule éclaircie, la montée en puissance de Dimitri Payet,
depuis un mois. Le Réunionnais joue enfin au niveau qu'espérait Saint-Etienne en l'enrôlant, pour quatre millions d'euros, en 2007.
Dimitri Payet, un des 19 joueurs de L1 originaires de la Réunion, en est un de ses tout meilleurs ambassadeurs avec le Parisien
Hoarau, le Bordelais Trémoulinas et le Marseillais Abriel. Né à Saint Pierre le 29 mars 1987, le Stéphanois a été un des éspoirs du football français
du temps du FC Nantes, avant de tomber plus ou moins dans l'anonymat. Aujourd'hui, il repointe le bout du museau en plein milieu d'une saison
galère.
De la grisaille havraise au Canari nantais
Dimitri débute le football au sud de La Réunion, dans le club de la ville où il est né. C'est au JS Saint-Pierroise qu'il se démarque et impressionne,
tant qu'à l'âge de onze ans, il migre en métropole du côté de la Normandie. Son adaptation n'est pas des plus aisées avec « le froid et tout qui
change », malgré toute l'insouciance qui le caractérise. Si les deux premières années se déroulent toutefois bien, sa famille et son Île commencent à
lui manquer en 2001. Malgré une première saison avec la CFA en 2002-2003, son club ne le conserve pas, ce qui lui permet de palier ce manque. De 2003
à 2005, il fait donc un crochet par le SS Excelsior, où il refait le plein d'énergie. Coup de chance, le club réunionnais a un partenariat avec le FC
Nantes, qui le repère et l'attire dans ses filets lors de l'été 2005.
Il intègre alors l'un des meilleurs centres de formation de l'élite et Serge le Dizet lui donne sa chance pour la première fois en équipe première
contre Bordeaux, en décembre 2005. Après avoir fait ses preuves en équipe réserve, il intègre le groupe professionnel et réalise même un début de
saison 2006-2007 tonitruant. Technique, rapide, et bien aidé par Signorino sur le flanc gauche, il marque les esprits, notamment ceux de
Clairefontaine puisqu'il intègre les Espoirs avec brio (quatre buts en 12 rencontres). La fin de son périple nantais se termine malheureusement en eau
de boudin. Il est sévèrement taclé par Barthez, au propre comme au figuré, subissant des critiques quant à son manque d'investissement et d'efforts
défensifs. Et coup de malchance, les Canaris vivent alors les heures les plus noires de leur histoire. Sa première saison complète en pro correspond à
celle de la descente en L2, précipitant son départ dans le Forez.
D'une galère à une autre
Ces événements, dit-il, l'ont endurci. « Tout footballeur passe par ces moments-là. Je sais que je dois progresser physiquement, densifier mon volume
de jeu. Mentalement, ça m'a enrichi ». Effectivement, cette expérience n'est finalement pas de trop pour affronter la concurrence importante à l'ASSE,
les mauvais résultats, la pression populaire et un montant de transfert pas neutre (quatre millions d'euros) à assumer. Dans la Loire, jouent à ses
côtés Ilan, Feindouno, Gomis, Dernis, Landrin, Gigliotti et autres Grax, puis Bergessio, Banogo, Fernandez et Mirallas. Excusez du peu. Avec 85 matchs
joués en deux saisons et demi, il réussit donc incontestablement à faire front et à être maintenu comme un titulaire à part entière par ses différents
entraîneurs.
Son nouveau club ne regrette pas son investissement et le récompense même en envoyant l'équipe première à La Réunion en mai 2008, pour un petit séjour
et un match amical contre une sélection de l'Île. Et pour cause, Saint-Etienne a fini cinquième et participe à la Coupe de l'Uefa. En revanche, la
saison suivante (la dernière) a failli voir la deuxième descente de Dimitri, le club finissant in-extremis devant les portes de la relégation. Cette
année, cela ne s'est pas mieux engagé, les Stéphanois se retrouvant à nouveau dix-septièmes. Alain Perrin a été démis de ses fonctions et Galtier a
repris le gouvernail.
L'ex-adjoint aujourd'hui titulaire constate avec satisfaction le retour en forme depuis les fêtes du Réunionnais. « Depuis la reprise, Dimitri est
dans de très bonnes dispositions. A lui de maintenir ce niveau-là. il travaille beaucoup à l’entrainement. C’est un joueur qui a du caractère et du
tempérament. Il a pris conscience de son potentiel mais également que sa première moitié de saison avait été très moyenne ». A bientôt 23 ans, les
efforts et le talent de Dimitri Payet vont-ils à nouveau payer, et sortir l'ASSE de l'ombre ? |