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Chu-Young Park, ou 박주영 en Hangul (alphabet coréen), est le nouveau numéro 10 de l’AS Monaco. Le « Roberto Baggio asiatique »,
comme il est présenté, est le premier joueur venant d'Asie à rejoindre les rangs de l'ASM FC. Buteur patenté du FC Séoul, il a signé pour 4 ans lors
des dernières heures du mercato estival. La transaction est estimée à 2M€ pour cet attaquant vif et technique de 23 ans, dont l'arrivée soulève
plusieurs interrogations.
Espoir en attente de confirmation
Chu-Young Park n’était pas forcément prédestiné au ballon rond et n’en est venu que tardivement. Avec un QI de 150, la route est toute tracée vers une
brillante carrière de chercheur. Mais un de ses professeurs le pousse à s’inscrire au club de football à 17 ans. Ses parents ne sont pas forcément
pour, mais le jeune Coréen surfe sur la vague de la Coupe du Monde 2002. Et son parcours chez les jeunes prend rapidement une nouvelle tournure. Park
participe avec son pays aux Championnats d’Asie Juniors en 2004. Il en repart avec le titre de meilleur buteur, ayant inscrit six réalisations, et
avec le trophée de meilleur joueur de la compétition. Alors âgé de 19 ans, il est élu dans la foulée meilleur jeune joueur asiatique de
l’année. Dès le mois de janvier 2005, il est engagé dans la Coupe de l’Amitié au Qatar avec la Corée et mène sa sélection à la victoire en
inscrivant neuf buts en quatre matchs, dont deux en finale.
Certains émissaires européens commencent à surveiller de près l’évolution de Park, présenté comme le nouveau prodige du foot asiatique. Il choisit
néanmoins de rester au pays et signe au FC Séoul en mars 2005. Dès le début de son aventure en pro, il impressionne. Fort de 12 réalisations en 19
matchs, il est appelé pour la première fois avec la sélection A, pour jouer un match éliminatoire de la Coupe du Monde 2006 en Ouzbékistan. Le buteur
de Daegu entre en scène et parvient à égaliser en toute fin de rencontre, sauvant son pays de l’élimination. La juste récompense pour Park arrive en
fin de saison, où il est élu meilleur espoir de l’année.
Malgré son ascension, il dispute une Coupe du Monde décevante en Allemagne, ne disputant qu’une heure lors de la troisième rencontre de poules face à
la Suisse. De retour en championnat de Corée, Park enchaîne les petites blessures et se voit freiné dans sa progression. Il ne trouve le chemin des
filets qu’à deux reprises en neuf matchs. Sur le plan international, il doit désormais se contenter de la sélection olympique, avec laquelle il
termine seulement quatrième des Jeux d’Asie 2006.
Park se refait une santé au début de la saison 2007, où il enchaîne quatre buts en 11 matchs, toutes compétitions confondues. Mais une blessure au
pied l’éloigne des terrains pendant plusieurs semaines. Park n’est pas remis à temps pour la Coupe d’Asie 2007, mais surtout pour un match amical
disputé face à Manchester United. Il manque alors une rare occasion de son montrer directement aux yeux de Sir Alex Ferguson, potentiellement
intéressé par le Coréen. Lorsqu’il fait son retour, la saison européenne a débuté et il ne peut s’illustrer que lors des rencontres qualificatives
pour les JO de Pékin.
A 23 ans tout juste, Park est sélectionné pour le tournoi olympique avec les Espoirs coréens. Il dispute les trois matchs de groupe contre le Cameroun
de Nicolas Nkoulou, l’Italie puis le Honduras et termine avec un but au compteur : un coup-franc direct face aux Camerounais, insuffisant pour
propulser la Corée en quarts de finale. Malgré tout, c’est lors de cette compétition que l’AS Monaco se penche sérieusement sur son cas. Cité depuis
le mois de juin dans les plus hautes sphères du club, le Coréen convainc le club de la Principauté à accélérer sur le dossier. Park devient
officiellement monégasque le lundi 1er septembre dans l’après-midi, lors du dernier jour du marché des transferts en France.
Buteur avant tout
Un mètre 82 pour 75 kilos, le gabarit de Chu-Young Park n’est pas impressionnant. Mais depuis son plus jeune âge, le joueur coréen joue plus sur sa
vivacité. Ses principales qualités sont justement la vitesse et la technique en mouvement. Il est présenté comme un attaquant gaucher mais est aussi
habile du pied droit. Ses stats sont aussi là pour le soutenir, Park est considéré comme un buteur. Son instinct, son sens du but, sont des atouts de
premier plan dans sa palette de footballeur. En ce sens, Park pourrait apporter de la présence devant le but et une efficacité peu évidente pour l’AS
Monaco d’aujourd’hui.
Sa science du jeu lui permet aussi de plus participer à la construction qu’un avant-centre classique. Les observateurs lui prêtent aussi une bonne
qualité de passe, de par son intelligence de jeu. En cela, son profil pourrait se rapprocher de celui de Nenê, qui a su jouer de cette qualité la
saison passée. Par ailleurs, Park est un bon tireur de coups-francs, à l’instar de son but lors des derniers Jeux Olympiques. Après les départs de
Ménez et Nenê, cette qualité pourrait être utilisée.
Un changement de décor réussi ?
La réelle question qui se pose depuis l’arrivée de ce quasi-inconnu en France est son adaptation. Comme beaucoup de paris tentés par les dirigeants
monégasques (Pino, Adu, …), Park n’a pas évolué en Europe et le football en Corée y est bien différent. Il pourrait toutefois se servir de son
expérience internationale et de ses neuf buts en 26 sélections avec les A. Le natif de Daegu, qui ne peut pas être qualifié de joueur athlétique,
devra aussi se mettre au niveau physique pour évoluer en Ligue 1. Plusieurs mois seront peut-être alors nécessaires avant de voir évoluer le
néo-Monégasque à son meilleur niveau.
Son profil suscite également quelques interrogations compte tenu des forces en présence dans giron offensif de l’ASM. Park semble avoir un profil
similaire à plusieurs joueurs évoluant déjà dans l’effectif, apportant néanmoins un sens du but plus acéré. Actuellement, Frédéric Nimani représente
le seul attaquant athlétique en Principauté et un renfort similaire aurait pu être attendu. Mais la volonté des dirigeants est peut-être d’associer,
dans un futur plus ou moins proche, les deux joueurs. En cas d’absence de Nimani, une tactique avec deux attaquants vifs pourrait être instaurée, mais
le jeu produit par les Monégasques ne devra plus se composer de longs ballons vers l’avant. Un paramètre que ne maîtrise probablement pas Park à lui
seul…
Un coup marketing ?
Outre l’aspect sportif de ce recrutement, la question de l’intérêt marketing ne peut être éludée. Lors de son arrivée à la tête du club, Jérôme De
Bontin avait promis aux supporters la signature, dès cet été, d’un joueur américain. Adu a débarqué fin juillet. Le nouvel homme fort de l’ASM avait
également évoqué l’arrivée possible d’un joueur asiatique et plus précisément coréen : « On travaille sur un joueur coréen également. Je ne suis pas
convaincu qu’il y en aura un cette année, mais cela fait partie de nos projets à moyen terme. » Mais l’opportunité du recrutement de Park, à la sortie
de sa participation aux JO et avec la bénédiction des dirigeants du FC Séoul, s’est présentée dès cet été. Devant les difficultés à recruter un buteur
pour renforcer l’attaque asémiste, les dirigeants monégasques ont misé sur ce Coréen de 23 ans, réputé pour son sens du but.
Pour 2M€, le pari pourrait être gagnant, d’un point de vue marketing voire d’un point de vue sportif. En tout cas, cette arrivée n’est pas anodine,
elle ne déroge pas à la stratégie qu’adopte Jérôme De Bontin pour mener l’ASM. Le nom de Chu-Young Park ne fait pas forcément vibrer les supporters,
mais la moindre des choses est de laisser le temps au joueur, comme au nouveau président monégasque, de faire ses preuves. Le club est toujours dans
l’inconnu, mais la patience doit être de mise… |