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Selon le bihebdomadaire France Football, la marque italienne « Macron » sera le prochain équipementier de l’AS Monaco pour les quatre saisons à
venir. Cette annonce parue ce vendredi a été accueillie avec effroi par une majorité de supporters, l’arrivée de cette marque « de troisième zone »
étant perçue comme l’ultime symbole d’un club en perte de standing et s’enracinant dans le ventre mou de la Ligue 1.
L’émotion de certains supporters à l’annonce de l’arrivée de Macron comme nouvel équipementier du club n’a pas tardé à se manifester,
et elle est globalement négative. Certes, la question de l’équipementier d’un club de football apparaît pragmatiquement comme une considération
désuète et secondaire pour la réussite sportive d’une équipe. Cependant, à travers le maillot, symbole de l’identité d’un club et véritable relique du
supportariat, se cristallise toute la fierté du supporter pour son équipe.
La source du mécontentement
La stupeur règne auprès des supporters concernant l’arrivée de Macron. Certes, tous sont bien conscients que le Monaco d’aujourd’hui, en nette perte
de vitesse en termes de standing et de résultats depuis une décennie, n’est pas en mesure d’intéresser comme par le passé le triumvirat leader du
marché (Adidas, Nike, Puma). Mais chacun était en droit d’espérer obtenir un outsider solide comme peuvent l’être Umbro, Kappa, Lotto ou Reebok. Sans
parler des derniers recours possibles, moins attractifs mais plus ou moins viables comme Diadora, Duarig ou Hummel.
Le choix de Macron, ni leader, ni outsider, ni même second couteau dans le cœur des supporters suscite l’incompréhension et même déjà le rejet pour
les plus déçus d’entre eux. Et il est bien difficile de les blâmer lorsque l’on jette un œil plus pragmatique sur le pédigrée du nouvel équipementier
monégasque. Créée en 1971, la société Macron ne fut en réalité qu’un simple sous-traitant des grandes marques de sport durant près de trois décennies.
La marque de vêtement Macron n’existe quant à elle que depuis 1997 et fournit des équipes de sport professionnel depuis seulement trois ans. Dans ce
registre, le CV de Macron n’a rien d’exceptionnel. Rapidement implanté dans le volley et le basket, Macron équipe surtout des clubs de football de
petite envergure, la plupart en division 2 de leur pays respectifs. Le constat est édifiant et surtout alarmant !
Autre source d’inquiétude, Macron, en tant que nain européen du secteur et totalement absent du marché français, ne propose pas toutes les garanties
pour permettre à Monaco d’améliorer sa présence dans les réseaux de distribution de l’hexagone. Et l’absence de l’ASM dans le linéaire des grandes
enseignes françaises pèse lourd sur la notoriété du club. De plus, ce n’est pas demain la veille que le petit breton ou le petit parisien pourra se
procurer facilement un maillot ou une écharpe estampillés AS Monaco. Il doit obligatoirement passer (pour peu qu’il connaisse son existence) par la
très discrète boutique officielle en ligne, qui ne suscite pas beaucoup de confiance avec son ergonomie improbable et son amateurisme affiché.
Enfin, la récente déclaration de Michel Aubéry, vice-président de Monaco et ancien responsable de la boutique officielle, soulève là encore deux
inquiétudes. La première est cette soi-disant « petite nouveauté » que le club nous concoctera pour le maillot extérieur. Une petite nouveauté devrait
octroyer par définition l’abandon des couleurs traditionnelles rouge ou blanche pour le maillot extérieur et suscite beaucoup d’inquiétude quand a
l’adoption d’un maillot aux couleurs improbables (bleu ?). A l’image du bleu « Marseille » de 2009 qui fut un grand fiasco, au point de n'avoir été
porté qu'une fois en match officiel. Rappelons que le seul maillot trahissant les couleurs du club qui fut accepté par les supporters fut le maillot
Kappa bleu et jaune, qui avait la particularité de proposer une « diagonale » si chère à l’identité du club. La seconde inquiétude est que la
déclaration d'Aubéry laisse à penser qu’il n’y aura pas de troisième jeu de maillot et que, par conséquent, le merchandising sera une nouvelle fois
réduit au strict minimum en Principauté.
De maigres consolations
Malgré les lourdes inquiétudes qui règnent autour du choix « Macron », l’on trouve toutefois certains éléments qui tendent à rendre ce partenariat
légèrement moins désastreux qu’il n’y parait.
Lorsque l’ASM se trouvait dans le giron des grandes marques, le club n’était qu’une entité de moyenne importance au milieu des sélections de grandes
nations et de clubs de renommée mondiale. Aussi, ces équipementiers ont trop souvent délaissé leur partenariat avec l'AS Monaco, préférant axer leur
stratégie sur des marchés plus porteurs. Adidas et Puma n’ont ainsi jamais communiqué autour du club de la Principauté, ni accordé la plus grande
attention au développement du merchandising de l’ASM. Seul Nike a joué le jeu en 1989, mais la firme américaine était à ce moment-là dans sa première
phase d’implantation sur le marché du « soccer », loin du grand leader qu’il est aujourd’hui.
En revanche, Monaco sera bel et bien le club phare de la marque italienne et une excellente entrée en matière pour se faire un nom et tenter
d’intégrer le marché du sportwear français. On est donc en droit de penser que Macron accordera une attention toute particulière à son partenariat
avec Monaco en termes de communication et de développement produit. On est en droit de le penser… mais il n’y a aucune garantie.
Autre point positif, en tant que société réellement « productrice » d’équipement sportif, Macron devrait offrir une plus grande souplesse dans
l’approvisionnement des produits estampillés AS Monaco. On se souviendra encore une fois des grosses erreurs de Puma produisant une quantité
prédéterminée de maillots sur une saison, entrainant une pénurie de produits lors des saisons où le merchandising monégasque se portait bien (2004) et
un surstock d’invendus lors des périodes moins fastes (2005-2007). Cela a par ailleurs obligé le club à adopter le même maillot officiel deux ans de
suite pour écouler les stocks auprès des supporters. Au contraire, Macron devrait pouvoir proposer un approvisionnement « au fil de l’eau » pour que
la quantité produite s’adapte au plus juste à la demande. Un bon point pour les intérêts des deux partenaires, mais le supporter monégasque sera
probablement insensible à cet argument.
Il reste toutefois à savoir si l’accord avec Macron sera financièrement intéressant pour un club en manque de liquidités, le montant du partenariat
n’ayant pas encore filtré. Là se trouve peut-être le seul élément ayant motivé l’AS Monaco de s’associer à Macron.
Au final, il sera difficile pour l’AS Monaco de masquer la grande déception et les lourdes inquiétudes des supporters dans cette affaire. Le meilleur
moyen pour le club et Macron de réussir un début d’entreprise de séduction sera encore de faire esthétiquement honneur à notre si chère diagonale.
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